Miravel & histoire locale
Le vieux « Moulin de Graïs » apparaît dans les registres de naissance cléricaux à la fin du 15ème siècle. Graïs est la déformation dialectique de « grès », dominant dans la région.
Le Moulin est encore présent au 18ème siècle sur la « carte de Cassini », première carte française précise sur les territoires, flanqué d’un « oustal en ruines » ou « vieille auberge en mauvais état ». Entre 1780 et 1820, un étranger au village, Monsieur Moustelon, investit dans le moulin et restaure entièrement la vieille maison qu’il occupera avec sa famille jusqu’en 1870. La famille Moustelon tint la place de maire de Vieussan, comme le feront aussi les familles Boissezon. Il vendit le Moulin pour 2000 pièces d’or à un Boissezon en 1870 et il court encore quelques anecdotes croustillantes sur le coffre de pièces d’or que trouva ce Boissezon dans la rivière. Après presque un siècle, la maison fut occupée par une famille britannique qui séjournait pour les vacances et n’a pas manqué d’enrichir le jardin d’arbres et buissons originaux.
Le vieux village fortifié de Vieussan remonte probablement au 12ème siècle. En raison de la violence des crues de la rivière, aucun pont ne pouvait résister avant les premiers ponts suspendus réalisés autour des années 1900, ce qui explique l’isolement d’un grand nombre de hameaux vivant en quasi autarcie. Vous trouverez sur les berges de la rivière beaucoup de câbles et de treuils utilisés pour faire traverser les hommes et les marchandises. Un pic démographique sous les guerres napoléoniennes fait apparaître 400 âmes et 4 à 5 cafés. Ces gens vivaient de l’agriculture locale, basée sur les légumes, le froment, le vin et les châtaignes (qui fournissait la farine et un complément alimentaire à la nourriture peu abondante). Le village aujourd’hui voit ses maisons restaurées par des propriétaires soucieux de préserver son caractère médiéval.
Les Cathares
Bien avant la Réforme, le premier défi au pouvoir de l’église catholique romaine émerge au 11ème siècle, dans le sud de la France. Il est porté par un groupe d’hommes qui prêche une existence spirituelle, dépouillée et ascétique : les cathares. L’Eglise organise les premières croisades pour anéantir cette menace et envoie ses troupes de soldats du nord de la France menées par des chevaliers. Plusieurs vagues de brutalité et de violence détruiront pendant plus de 100 ans ce riche mouvement. Les principaux sites historiques, tels que ces fameux châteaux cathares de Montségur, Quéribus, Puylaurens, Lastours, Peyrepertuse et Minerve demeurent aujourd’hui le souvenir silencieux de la tragique fin de cette civilisation pacifique. Ils sont accessibles à partir du Moulin en deux ou trois heures de route.
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